Cette semaine, Trop Mignon à décidé de faire le point. Parce que oui, c’est la fin d’une année charnière dans l’Histoire avec un grand H. Dans vingt ans, on parlera de 2009 comme l’année des maux du post-matérialisme, du désenchantement, de la crise comme en 1929 et 1973 et de la grippe A. Mais 2009 ne s’analysera pas sans ses grandes figures : c’est la première année du mandat d’Obama, la consécration pour Lady Gaga, la mort de Michael Jackson et la dernière tournée de Johnny. Au niveau individuel aussi, on est convaincus que vous avez passé une année pleine de rebondissements, de rencontres, de ruptures, de départs et de retours.
Mais l’équipe de trop mignon trouve que tout ça est bien trop récent pour avoir le mérite de vous intéresser; c’est pourquoi au lieu de faire une rétrospective de clips trop mignons de 2009 (ce qui a déjà été fait et refait), nous avons décidé de surfer la vague revival nineties en vous parlant d’une autre année marquante : 1992.
Pourquoi 1992 ?? Parce qu’on a déjà parlé des autres années intéressantes ailleurs. La merveilleuse année grunge 1994 fait l’objet d’un numéro entier par ici. Le skate et le punk rock californien de 1999 ont été regrettés par là. Il ne nous reste que 1992.
Forcément, on n’oublie pas de vous rappeler que 92, c’est l’année où de très grands artistes sont devenus cultes.
Tout d’abord c’est l’essor des papes du rock et du métal tel qu’on les connaît aujourd’hui : Rage Against the Machine sort son premier album, Pantera se radicalise, Kyuss devient père fondateur du Stoner rock avec Blues for the Red Sun, Nirvana nous casse les pieds, Metallica joue Nothing Else Matters (la chanson qui va aider des millions de barbus/chevelus à pécho des meufs pour les 5 décennies suivantes au moins), ACDC nous inflige Highway to Hell, Axl Rose se ridiculise dans le clip de l’interminable November Rain, Radiohead fait passer des centaines de suicidaires à l’acte avec Creep…
C’est aussi l’apparition de nouveaux styles qui influencent encore la musique contemporaine: les Boys II Men pérennisent le R’n’B de lover, Dr Dre lance le G-Funk et donne de la crédibilité au rap West Coast avec son album The Chronic, House of Pain sort Jump Around, l’hymne du rap Américano-Irlandais …On pourrait en citer beaucoup d’autres.
Inutile de vous dire que se limiter à deux clips plus un clip bonus a été difficile, mais on pense avoir trouvé les deux bijoux incontestables de l’année 1992.
Premier bijou: The Prodigy – Out of Space
The Prodigy, groupe anglais tête de file du mouvement Big Beat et fournisseur de musique pour consommateurs d’ecstasy depuis le début des nineties sort en 92 Out Of Space, une chanson franchement hystérique (la voix accélérée, les bruitages trop mignons qui dédramatisent le gros beat de la mort…) et drum’n’bass. Je pourrais vous faire une analyse technique de la chanson avec plein de termes de turntablism compliqués volés sur Wikipedia mais ça ne serait pas très mignon. Alors on retiendra de ce clip absolument nineties, les effets de passage en négatif, les oscillations épileptiques jaunes au premier plan, le baggy camouflage, les autruches (WTF ??) et la danse paranormale. On en deviendrait presque nostalgique, c’est trop mignon.
Et on se dit qu’en même temps, le titre de la chanson et le clip collent parfaitement, c’est un gros effort de cohérence de leur part.
Le truc en plus: I’ll take your brain to another dimension. I’ll take your brain to another dimension. I’ll take your brain to another dimension…Pay close attention!
Second bijou: Ace of Base – All That She Wants
Ben oui, évidemment. Le premier compact disc de toute une génération. Un tube qui marque durablement la domination suédoise dans la pop européenne trop mignonne (après les pays anglo-saxons). Le clip est assez cheap, le seul intérêt qu’on y trouve, c’est de voir ce qu’il se faisait en matière de vêtements colorés en 92 pour concurrencer Prodigy… On applaudit quand même la performance de la comédienne qui a dû faire 60 prises pour se mettre du mascara sans garder la bouche ouverte.
Le truc en plus: La coupe trop mignonne à la Heather Locklear de la chanteuse blonde qui fut un grand succès capillaire au début des nineties.
Le bonus 92 de la mort, vous en rêviez, Trop Mignon vous le ressort, un des plus grands moments de solitude de la télévision, un classique du genre: Guns N’ Roses – November Rain
Pour vous montrer la valeur cultissime de ce clip, Trop Mignon a décidé de faire une énumération sommaire d’un nombre de détails importants à la bonne compréhension de la trame narrative: bandana rouge et piano à queue, mini-jupe de mariée et collants noirs, chef d’orchestre et Jésus pleurant du sang, oubli d’alliances et ami bienveillant, baiser et main dans cheveux roux et soyeux, chapelle dans le désert et cheveux au vent, solo épique hautement viril et clope au bec, veste à paillettes bleues et mariée dans un cercueil, Axl Rose sous la pluie.
Si vous êtes mignons la semaine prochaine, je ne vous ferai pas d’article sur les fêtes de fin d’année.
C’est dingue, je me rappelais pas cet espèce de pseudo reggae chez Prodigy..
Ah ben, il y a une vie avant Smack my Bitch Up…
Out of Space, un véritable hymne des dancefloors pseudo underground à l’étranger, où es-tu donc allé chercher cette chanson!! Et Ace of Base… Première k7 des moins de 25ans. Merci Claire, merci.