// vous lisez...

La justice, même pour les grands…

Dans sa chanson Banlieusards, Kery James lâche « nous derrière les barreaux ; eux au Sénat ».

Et NON Kery. Cette semaine, la justice a décidé de tordre le cou à ce triste constat. Pas un, pas deux mais trois politiques passent a la casserole du prétoire cette semaine.

On commence par le procés #clearstream dont on avait déjà parlé. Pour Dominique de Villepin, dix-huit mois de sursis ont été requis ainsi que 45 000 euros d’amende. Le procureur de la République Jean-Claude Marin aura pris 5h pour démontrer que DDV s’est rendu « complice » de dénonciation calomnieuse « en cautionnant par son silence les agissements de Jean-Louis Gergorin (18 mois avec sursis et 45 000 euros d’amende requis) », l’ancien vice-président exécutif d’EADS. Une condamnation pour omission en sorte.

L’ancien premier ministre n’a pas manqué de déclarer que « la promesse » de Nicolas Sarkozy de le « pendre à un croc de boucher » avait été « tenue ».
L’avocat (Me Thierry Herzog) du président de la République a pour sa part déclaré que le procureur avait fait « une démonstration implacable« . On n’en attendait pas moins.

Enfin, pour Arnaud Montebourg, ce procès expose la France à une condamnation par la justice européenne « Je pense que la Cour européenne des droits de l’Homme, qui sera un jour saisie de ce procès, condamnera la France pour violation de l’équilibre et de l’égalité des armes« , a déclaré dimanche 25 octobre sur France 2 le député de Saône-et-Loire, avocat de profession. Le défaut de Arnaud Montebourg, c’est qu’il pourrait bien avoir raison cette fois.

Mais le meilleur du judiciaire de cette semaine, ce n’est pas ca. Mardi, Charles Pasqua, Pierre Falcone, Arcadi Gaydamak, Jean-Charles Marchiani, Jean-Christophe Mitterand, Paul-Loup Sulitzer ont tous pris de la prison, sursis ou ferme, assortis de peine d’amende. Ou ça ? Au tribunal correctionnel de Paris. Parmi les 42 prévenus dans cette affaire de ventes d’armes à destination de l’Angola, du beau monde risque de passer aux Baumettes. Jacques Attali et Georges Fenech sont quand à eux relaxés.

Mais attardons nous deux secondes sur le cas du sénateur des Hauts-de-Seine. Après avoir déclaré sur le plateau de Canal+, que cela (la levé du secret défense) « fera trembler un certain nombre de personnages de la République », il persévère dans un entretien accordé au Figaro, jeudi 29 octobre, en donnant la liste de ceux qui « savaient », soit des responsables politiques du gouvernement d’alors François Mitterrand, Edouard Balladur, Jacques Chirac et Alain Juppé.
Charles Pasqua réessaye donc de nous mijoter un Angolagate après le Clearstreamgate. Du coté du gouvernement, le porte-parole Luc Chatel, a assuré mercredi que « les demandes seraient examinées par les ministres compétents » (on en à ??). Affaire à suivre donc.
Mais au vu des casseroles que traîne l’ancien ministre de l’intérieur, une réflexion me vient à l’esprit : si je vais au casino (tribunal) et que je gagne (je suis relaxé) 14 fois, j’attaque le casino quand je perd (me fait condamné) la quinzième fois ?

Et enfin finissons en parlant de notre ex-président. Non son chien ne l’a pas de nouveau attaqué, mais la justice elle oui.
Dix personnes, dont l’ancien président de la République Jacques Chirac, ont été renvoyées vendredi 30 octobre devant le tribunal correctionnel de Paris par la juge Xavière Simeoni dans l’affaire des chargés de mission de la Ville de Paris. Et ça, c’est une première dans l’histoire de la Ve République.
Le juge Eric Halphen a estimé vendredi « qu’il n’est pas du tout anormal, pour parler sous forme d’euphémisme, qu’une fois que le président n’est plus président, la justice reprenne son droit » ; « la justice, dès les années 90, s’intéressait au comportement de Jacques Chirac lorsqu’il était maire de Paris. »
Ségolène Royal a quand à elle estimé que Jacques Chirac méritait « d’être tranquille » et de rajouter  « Je pense que ce sont des affaires très anciennes et qu’aujourd’hui Jacques Chirac a sans doute beaucoup de choses à se reprocher, mais qu’en même temps il a donné beaucoup au pays« . Vous rappelez vous quand Nicolas Sarkozy déclarait « ce n’est pas une bonne administration de la justice que de se prononcer 32 ans après les faits » en parlant de Roman Polanski ? Si votre réponse est non, jettez donc un coup d’œil à l’article précédent.

Loin de moi l’idée de vous faire le listing des réactions (assez diverses), juste l’envie de me souvenir de cette bonne époque ou le corrézien faisait cha-bite sur Canal+ en s’estimant à l’abri des poursuites.

Si même l’ENA ne protége plus des poursuites judiciaires, mais ou va-t-on ?

Bon weekend.

Partagez cet article !
  • Facebook
  • email
  • Wikio FR
  • Twitter
  • Digg
  • Live
  • MySpace
  • Netvibes
  • Reddit
  • RSS
  • Tumblr
  • Yahoo! Bookmarks
  • Yahoo! Buzz
  • del.icio.us
  • Diigo

ça vous à plus ? Alors on continue :

Discussion

Aucun commentaire pour “La justice, même pour les grands…”

Poster un commentaire